vendredi 23 février 2024
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Le rôle majeur de l'alimentation dans le diabète de type 2 : un regard sur la situation en Polynésie française

Dans cet article, nous allons explorer la maladie du diabète de type 2, qui touche des millions de personnes à travers le monde. Une étude récente met en évidence l'impact que l'alimentation a sur l'apparition de celle-ci. Pour mieux comprendre cette affection et ses implications sur la santé, commençons par en définir les caractéristiques essentielles et les mécanismes sous-jacents.


Le diabète de type 2 est une maladie chronique qui affecte la façon dont le corps métabolise le glucose (sucre). C'est la forme la plus courante de diabète, représentant environ 90 % de tous les cas. Dans le diabète de type 2, l'organisme devient résistant à l'insuline, une hormone produite par le pancréas qui régule la quantité de glucose dans le sang. L'insuline aide les cellules à absorber le glucose pour produire de l'énergie.

Lorsque la résistance à l'insuline se développe, le pancréas produit initialement plus d'insuline pour compenser. Cependant, avec le temps, le pancréas ne parvient plus à produire suffisamment d'insuline pour maintenir une glycémie normale. Cela entraîne une augmentation de la glycémie (hyperglycémie), ce qui peut causer divers problèmes de santé à long terme, notamment des maladies cardiaques, des troubles rénaux, des problèmes de vision et des lésions nerveuses.

Le diabète de type 2 est souvent associé à des facteurs de risque tels que l'obésité, la sédentarité, l'âge avancé et des antécédents familiaux de diabète. Il peut généralement être géré par des changements de mode de vie, notamment une alimentation saine, une activité physique régulière, la perte de poids si nécessaire et le suivi régulier de la glycémie. Dans certains cas, des médicaments oraux ou injectables, y compris l'insuline, peuvent être prescrits pour aider à gérer la maladie.

L'étude qui nous intéresse a été menée par les chercheurs de l'université de Tufts (Maryland, USA) ont récemment révélé que 70% des nouveaux cas de diabète de type 2 sont liés à l'alimentation. En l'espace de 40 ans, le nombre de personnes atteintes de cette maladie a grimpé en flèche, passant de 108 millions en 1980 à 537 millions en 2021. L'obésité, également en hausse, et l'alimentation jouent un rôle essentiel dans cette épidémie mondiale.

L'étude, qui analyse la consommation de 11 groupes d'aliments entre 1990 et 2018 dans 184 pays, indique que la surconsommation de certains aliments comme les céréales raffinées et la viande rouge augmente considérablement le risque de diabète de type 2.

Sur le fenua, la situation est préoccupante. Selon les données de la Direction de la Santé, près de 12% de la population adulte est atteinte de diabète, un chiffre en constante augmentation depuis les dernières décennies. Le Dr Pierre Marques, spécialiste en santé publique, explique : "La prévalence du diabète en Polynésie française est en grande partie due à des habitudes alimentaires malsaines, notamment la consommation excessive de produits transformés et de boissons sucrées."

Pour freiner cette progression alarmante, des mesures doivent être mises en place pour améliorer notre mode de vie. La promotion d'une alimentation saine et équilibrée, riche en fruits, légumes et céréales complètes, est indispensable. Les autorités sanitaires devraient également encourager l'activité physique et sensibiliser la population aux risques liés à l'obésité et au diabète.

"Une prise de conscience collective et un effort coordonné des pouvoirs publics, des professionnels de la santé et des citoyens sont nécessaires pour inverser la tendance et préserver la santé de la population polynésienne", conclut le Dr Marques.

En somme, l'étude menée par l'université de Tufts met en lumière l'impact majeur de l'alimentation sur le diabète de type 2 et souligne la nécessité d'adopter des mesures concrètes pour endiguer cette épidémie mondiale. En Polynésie française, une approche globale visant à promouvoir un mode de vie sain pourrait contribuer à améliorer la situation et réduire les cas de diabète dans la région.